15.2.09


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10.1.09


Après un passage à l'an neuf cataclysmique, après la visite annuelle des contrées où la conjoncture financière avantageuse combinée à l'addiction à Rough Trade East ainsi qu'à Paul Smith vous poussent inexorablement à retourner dès que faire se peut, après une semaine laborieuse et après s'être délectée des pérégrinations d'un Jean Rochefort singeant si bien le caméléon en ruth que la jeune taupe enthousiasmée par l'arrivée du printemps, après avoir kiffé The Last Shadow Puppets (celui qui n'acquiesse pas sera allègrement passé à côté d'un bouleversement musical d'une qualité sans précédent, et j'en serai effroyablement satisfaite), Foals, Port O'Brien, Deerhunter, Shearwater, Antony & The Johnsons, Nirvana, Alela Diane & ses Headless Heroes, Fleet Foxes et Bon Iver (pour être consensuelle), Nick Cave, Histoire De Melody Nelson, Beirut, The Rascals, Bob Dylan, Berlin, Lightspeed Champion, White Lies, OK Computer, The Walkmen, Girls In Hawaii, Woodpigeon, Ratatat... tout au long de l'année, je peux enfin tirer un trait sur feu 2008. Pas de classement, cela tombe sous le sens. C'est simple, en plus d'être incapable de mesurer objectivement la teneur en génie d'un disque, les autres le font admirablement mieux que moi. Entre ceux qui estiment que Dieu-le-Père a fait irruption dans leurs Ipod, ceux qui n'énumèrent que des albums inconnus pour parraître éruditsunderground et ceux qui suivent l'unanime critique papier, je me suis dis qu'il serait de bon ton de ne pas renchérir avec une parfaite idiote qui ne règle pas son hygiène de vie déontolique au fait d'écouter un nouveau cd quotidiennenement. Je n'en ai ni les moyens, ni le temps, ni la patience. Je laisse cette tâche ô combien ingrate aux imbus qui reçoivent un salaire pour se faire.
En espérant que les mois à venir seront aussi porteurs d'heureuses surprises que ceux qui viennent de s'éteindre. A n'en point douter vu la présente affluence de réjouissantes nouvelles dont nous avons tous eu vent.

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17.12.08


Lorsque l'irradiant Prince Pharrell Williams reçoit dans sa demeure bondée, c'est à coup de beats possédés et de solos à exorciser. Soucieux de faire le bonheur de ses serviles sujets, il se munit d'une paire de batteries (ouais!), d'un guitariste très inspiré et de sa voix la plus enchanteresse. Prince charmeur, il déclame tendrement ses sérénades les yeux dans ceux des Juliette du balcon, virevolte sans se priver de nous faire admirer son impeccable ceinture abdominale, contrôle d'une main de maître nos corps enkilosés par les excès inhérents à la fin des examens... Tantôt ballottés au sein de cette marée saccadée par les tubes-syphons dont nous gratifient notre hôte, tantôt bercés en choeur par Bobby James et ses comparses dans le gang des ballades r'n'b, il orchestre l'émoi de la foule à sa guise. Les convives survoltés n'ont cure des bonnes manière et enjambent allègrement les limites de la bienseillance. Tant mieux, nous n'avions pas l'intention de demeurer statiques. En particulier quand le Prince revisite Seven Nation Army et qu'il prie les donzelles de sa cour de se hisser à ses côtés face aux projecteurs. Un alluciant exutoire que celui du royaume de l'aristocratie hip-hop.

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23.11.08


Si l'impression est durable et forte, si elle a laissé son souvenir, que lui manque-t-il pour cesser de s'appeler un rêve? Et que ce rêve fut délicieux. Un réveil timide, qui se refusait à ouvrir les yeux... Il s'égara, pour se souvenir qu'aujourd'hui, la météo a prévu l'arrivée de l'hiver et qu'il allait se soustraire d'une bien belle manière à ses obligations mondaines. Il ouvri le volet religieusement et plissa le front, non sans contentement.
Tout ça pour dire qu'il neige et que l'esprit de Noël s'immice en nous, hein.

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20.10.08


Comme il serait regrettable d'entamer une telle journée de façon médiocre, c'est la bien nommée mélopée de Lou R. qui me tira de ma torpeur à l'aurore de ce dimanche 19 octobre...
La seconde d'après, je me retrouve aux côtés de Jay et de Clyde, savourant des spéculoos sous un sympathique rayon de soleil. C'est alors qu'une silhouette longiligne au visage pâle traverse notre champ de vision: cet amour de Miles se pliera aux traditionnelles photos et s'enquiera de mon humeur (à savoir un fine and ya étouffé) ainsi que de notre venue au concert du soir.
Quelque minutes passent et c'est la grêle ombre d'Alexa, l'inimitable démarche d'Alex et la touffe de James Ford que nous apperçevons. D'un pas sûr et conquérant, nous nous lançons à leur poursuite. Notre entreprise sera bientôt freinée par leur surprenante fuite sprintée. Heum. D'accord. C'est ce qu'on appelle vent de magnitude 6.
Qu'à cela ne tienne, nous les retrouverons par hasard au détour d'une rue après s'être faite dévisagée par la Chung en personne et que la main de son amoureux n'ai été déposée sur nos épaules aussi figées que son sourire. Un moment cardiaquement difficile.
Le poseur d'Alex, les genoux saillants, la veste en cuir scarabée négligemment suspendue à l'index, les Ray-Ban classieuses et le signe de main froid nous laissera perplexes, il faut le dire.
Qu'est-il advenu de notre acnéique cyclique à l'informe t-shirt Adidas?
Le génie a pris conscience de son talent; nous ne l'aimons pas moins pour autant, l'affection que nous lui porterons sera désormais moins tendre que religieuse.
Le reste de la journée suivra très agréablement son cours, rejoints par Claire et célébrée comme il se doit. Une attente bienfaisante qui ne fit qu'attiser mon besoin criant d'Hang The Cyst.
Les portes s'ouvrent, le bal aussi. Et ce avec Ipso Facto, robotique quartet féminin londoniens. Un bon style vestimentaire, de bonnes influences serties d'une bonne maîtrise instrumentale ne fait pas d'elles un bon groupe, à notre grand regret. J'ai la nette impression que si elles prenaient la peine de décoiffer leurs casques capilaires et d'apporter un brin de poigne au tout, elles seraient intéressantes.
Ca y est. Rien de moins qu'un orchestre de seize personnes entame l'interlude initialement placé avant Only The Truth. Alex, Miles et James montent sur scène munis de gobelets de vin. (Je me demande qui, un temps, méprisait les gens de l'Hunter's Bar qui se pensaient importants avec leurs glasses of white wine...)
In My Room, un début qui flamboie et laisse place nette à la galopante plage-titre. The Age Of Understatement entonnée telle une ode déchaîne les passions. Instantanément, la connivence entre les deux lascars est évidente et enchante. L'alliage de leurs voix est aussi convaicant qu'en studio.
Calm Like you, on se balance en rythme et une collusion gagne tacitement le public. La placide Black Plant égale à elle même et génialement fendue du fameux "when it's just one of many bullets you'll bite". Puis la très entêtante Gas Dance, oh la Gas Dance, qu'elle fut foudroyante, tranchante, presque aigre.
Alex tente une blague que nous décrêtons euhm, pas marrant à propos de Only The Truth qui démarre presqu'aussi subitement que sur l'album et avec une telle vigueur qu'on en est brutalement balayés. Whou, ça en impose.
Paris Summer en duo avec la jolie chanteuse d'Ipso Facto. Inutile de préciser qu'elle parut pour le moins fadasse à côté de la Mosshart. Mais Paris Summer reste en tout les cas un moment délicieux.
Separate and Ever Deadly que j'aime pourtant moyennement m'insuffle une pressante envie de déclamer à forts décibels les étranges paroles, et je ne suis visiblement pas la seule...
C'est alors que les premières notes de la plus crainte de toutes me flanquent des frissons. On bat du poing contre la barrière comme James bat de la baguette contre ses caisses à mesure que le Ano-o-oooyance s'intensifie pour finalement se changer en catch the cyst posillonné par un grand, un admirable, un immense, un colossal Miles Kane. La dimension de sa force narcotique concentrée dans le maniement de son électro-acousitque est telle que les poils de mes avant-bras de hérissent de joie. C'est avec une infinie contention que mes sourcils se froncent. Il est monumental ce morceau, même raccourci.
Ils auraient pu poser leur choix sur quelque chose de moins hallucinant pour nous permettre de rattraper nos esprit désarçonnés, mais non. Fallait-il qu'ils reprennent une chanson des Beatles. C'est là que Claire et moi, les yeux aussi ronds que la bouche, nous nous toisons, incrédules: un pur grand moment s'annonce.
Il faisait chaud, très chaud quand Mr Kane, les jambes divinement arquées, nous criait
I WANT YOUUU, I WANT SO BAA-A-AAD BABE L'envie déboulait du plus profond de son ventre et s'invitait sauvagement dans le notre. Et quand ce fut au tour d'Alex de reprendre la part de Paul, il n'en était pas moins électrisant avec ses lèvres boudeuses et son fameux timbre nonchalament cassant qui traîne, et qui traîîîne. Si le désir était une plaie, Miles hurlerait sa souffrance alors qu'Alex gémirait en grimaçant. Nous sommes endoctrinés à vie.
Eprouvés, la perfection de Mistake Were Made For You n'apaisera pas notre admiration et le bouillonnement corporel qui en résulte.
Un I Don't Like You Anymore plus tard, c'est l'allègre tutulululululu de In The Heat Of The Morning qui châtouille nos oreilles ravies. Le costume enthracite ajusté au millimètre ne sied que trop bien à un Alex qui tient du bout de ses doigts le fil de son micro, posture lui conférant l'allure d'un monument. Ma cage thoracique se bombe avant de laisser échapper un long soupir satisfait, les paroles sont tellement savoureuses. Elle est sublimement légère, à moins qu'elle ne soit légèrement sublime.
The Chamber la timide annoncera à merveille Time Has Come Again l'émouvante. Don't go too soon, c'est effectivement ce que l'on rêverait de susurer à leurs oreilles. Dans un ordre logique, c'est The Meeting Place qui clôt agilement le spectacle... C'est sans compter l'incontournable rappel illuminé par un Miles à quatre pattes qui nous gratifiera de Memories, méconnaissable reprise de L. Cohen ainsi que la grande absente du set: Standing Next To Me, l'occasion pour Alex d'empoigner son tambourin et pour le reste du monde d'esquisser un agréable pas de danse qui s'avèrera être l'hypogée d'un concert que l'on poura facilement qualifier de parfait.
Je dégaine alors mon honteux panneau-Alex-give-me-your-mediator-please. Comme c'est l'ami Miles qui se trouve face à moi, je masque du mieux que je peux le "Alex". Dubitatif, il n'a pas l'air de trop comprendre à qui j'en veux. Je lui signalerai par "You, you, you Miles!" que c'est bien son onglet qui requiert toute mon attention. Me décrochant le sourire dont il a le secret, il me le tendra bien amicalement.


Mais voici deux jours que je vis un choc post-traumatique... Ce n'est pas hyperbolique que de dire que ce concert m'a entièrement bouleversée. Engluée dans un marasme de sentiments contradictoires, les yeux qui, on ne sait pour quelle raison, s'embrument sporadiquement en plein cours de math...

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10.9.08


Ils ont dû se dire qu'elle était chanceuse, cette fille qui attendait le bus une rose blanche à la main. Qu'elle avait un amoureux qui la chérissait.
Ils sont alors certainement passés à côté de ses sourcils froncés, de son regard flou.
Cette rose, on ne la lui avait pas offerte.
Elle l'avait achetée, car on lui avait demandé.
C'est au moment où elle l'a posée sur son cercueil cerné de visages familiers submergés de peine qu'elle a réalisé.
Après tout, Sebi, celui qui lui enfoncait des compas dans le dos avec affection, qui copiait éternellement ses fautes, qui détruisait méticuleusement les murs de la classe, l'aura fait d'avantage rire que pleurer.

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23.8.08


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16.8.08


Pukkelpop festival, Hasselt, territoire ennemi, 11:20.
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, c'est aux aurores que nous nous lèverons Claire et moi pour nous rendre guillerettes à ce festival qui a, volgens mij, le prestige de posséder le meilleur line-up du paysage estival belge.
C'est un grand soleil, des rafraîchissements déjà nécessaires et Those Dancing Days qui nous accueillerons. Ces dernières, suédoises et sans prétention nous gratifient juste d'une musique rose, fraîche, pop à l'extrême... Un apéro pétillant et léger.
Nous ne restons à regret que trois chansons avec les allèchants Pete & The Pirates car ma comparse a développé une grande admiration pour les Dodos. Très absrait, peu abordable, il eut fallu écouter leur album avant de se trouver face à eux, mais j'ai malgré tout pu déceller une originalité fantasque et un doux psychédélisme. Une entrée en matière très veule sera heureusement éradiquée par des percussions à l'intensité croissante.
C'est alors que, munies de notre pancarte spéciale Heart In A Cage, nous nous plantons au deuxième rang pour Lightspeed Champion, personnalité singulière que nous chérissons. Avec un petit retard, il jouera toutes mes préférées, incluant la songeuse Midnight Surprise et sa multitude d'ambiances différentes et son solo ahurissant. Un set prodigieux, mais beaucoup, beaucoup trop court.
On presse le pas pour mes Girls, et une fois de plus, la magie opère. J'imagine qu'il en sera ainsi à chaque concert subséquent, et pour les siècles des siècles... Quatre fois en trois mois, et un amour qui ne risque pas de s'achever.
Pause allongées dans l'herbe avant de tracer la masse des métalleux de la main stage pour les enfants de la Guerre Froide. Ceux-ci commencent par Rubidoux, puis We Used To Vacation est le premier point d'orgue prévisible du concert. Seuls les indignes t-shirts Metallica, épuisés par les heures d'attente (qui n'en finiront pas di si tôt) ne bronchent pas et restent de marbe, ou pire, somnolants. Les plus vaillants d'entre eux proposeront de nous porter. Tirés à quatre épingles, pas très communiactif, les Cold War Kids ne me donneront pas la chair de poule que j'attendais. Ils ont joués leurs succès (exepté Tell Me In The Morning) ainsi que des extraits apétissants de leur nouvel opus. J'avoue être un rien déçue, mais j'imagine que dans une salle, plongée dans l'obscurité, j'apprécierais comme il se doit la voix torturée et les arrangement minutieux de ce groupe que j'aime beacoup.
Après ces talentureux blasés à wayfarer, c'est sur Tunng que notre choix se porte. Nous nous posons mentons lovés dans les mains, pensées vagabondes, dans le Chateau pour apprécier la doucette musique proposée. La salle est propice à ces ambiances agréables, couronnées par la toute jolie Bullets, la seule qui nous fera taper du pied.
Avec les Anglais de Futureheads, impossible de changer plus radicalement de registre. Un rock post-punk bête, rageux et répétitif, mais im-pa-rable. Des Maccabees colériques, en somme. On assimile les chansons à la seconde; la recette est tellement basique... et que je te marche sur les pieds, et que je crowdsurf allègrement, et que je te file des coups de coude, et que j'essaye de te mettre sur mes épaules, et que je colle mon torse suant sur toi... J'ai adoré. Premier brin de fougue de la journée.
Suite au vain passage chez Erol Alkan, nous assistons à la performance énergique de Blood Red Shoes. Ce n'est pas la première fois qu'un groupe se contente d'un duo batterie/guitare et ça n'égale en rien le génie de leurs illustres prédecesseurs, mais ils ont le mérite d'envoyer. You Bring Me Down, favorite de l'album, tient ses promesses, I Wish I Was Someone Better détruit les restes.
Fameuses lunettes kanyewest sur le nez, c'est dans le coin électro du site que nous nous acheminons pour Boys Noize. Un fragment de My Moon My Man, du Daft Punk et des beats séduisants, mais bien moins conculant qu'à la maison... Trop de monde, pas assez d'espace pour gesticuler librement (occupé en grand partie par un ours envahissant).
Nous nous empressons de taillarder la foule, il ne faudrait surtout pas se retrouver en fond de salle pour les exellentissimes Tokyo Police Club.
Les membres du groupe se démènent, Dave est adorable et assure la synchonisation basse/voix/replacement-de-la-mèche-dans-les-yeux à la perfection. Graham le remuant claviétiste nous fait admirer sa pantomime, chipote à ses touches et boutons comme si c'était un tic, les poignets et les genoux en pepétuelle crise d'épilepsie. Josh, magnifique lors de Nature Of Experiment brâmée tel un ode par le public. Toutes nos attentes seront comblées, j'aurais ma Citizens Of Tomorrow et même un rappel de choix avec Cheer It On. TPC est décidément un groupe sur lequel on peut compter.
Mais l'heure n'est plus à la rigolade, l'heure est ce qu'elle est et elle nous force à courir, que dis-je? sprinter jusqu'à la première rangée du Club qui attend encore The Rascals. J'entrapperçois pour la première fois Miles dans les coulisses sur le côté droit de la scène. Fébrile, je n'en peux plus d'attendre.
Rascalize retentit enfin, faisant office d'intro. Et il apparaît, veste en cuir, cigarette au bec, air hautain. Il adresse quelque mots au public derrière les volutes qui dansent devant son visage et entamme le concert par People Watching mais arrête la chanson en plein vol pour modifier le son. A partir de ce moment-là, je suis sceptique quant à la modestie du meilleur ami de Turner. A mon grand soulagement, cette désagréable impression s'estompera rapidement, car l'individu s'avèrera être charmant, converse avec nous entre chaque chanson, offre avec dévotion sa bière à un gars qui la lui quémandait. Pas de The Glorified Collector, mais toutes les meilleures de cet album tendu, précis et impressionnant y sont passées. Quel régal d'entendre à l'oeuvre un tel compositeur, un talent démontré notamment avec la délicieuse Stockings To Suit.
Par moment, les éclairages me donnèrent l'impression que c'est Alex que se dressait devant moi, ce qui ne manqua pas de m'émouvoir.
Il continue avec la superbe I'd Be Lying To You. Pas une seconde je ne détourne les yeux de ce génie en devenir, ce qui me vaudra de partager avec lui une renversante conversation occulaire et zigomatique. Ce souvenir m'embaume encore aujourd'hui le coeur. Quel divin sourire que celui de Miles Kane (L)
Il conclu brillament le concert avec I'll Give You Sympathy. En grand monarque, il fait signe au roadie de tendre la setlist à des filles qui la lui avait demandé auparavant et offre deux de ses onglets. C'est entièrement sous le charme et avec sa cigarette que je m'en irai.
Treize concerts en quinze heures, je pense que l'on peu difficilement faire mieux, surtout si le lendemain est ponctué par In Transit, leur live aux Eurocks et diverses vidéos, dont l'interview des Cookie-Kooks par Simon Amstell.
Le genre de journée dont la réminiscense laisse béat de ravissement.GENRE.

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10.8.08


Barcelone , ce sont des mosaïques qui recouvrent de leurs couleurs psychédéliques les formes qui ondulent et se veulent anarchistes.
C'est un restaurant éclairé à la bougie, niché dans une impasse, où vin, jambon fumé, fromage de chèvre et pain à la tomate se dégustent avec religion, si pas avec émotion.
Ce sont des artistes visionnaires qui font de la ville le havre de culture et de profondeur qu'elle représente.
C'est une plage sans âme où le soleil donne constamment le meilleur de lui-même, mais où il est loisible de se délecter du concentré de décadence qu'incarne A Rebours de J.K Huysmans tranquillement allongée sous un parasol.
Ce sont des friperies et des disquaires qui, le jour, recèlent de perles obsolètes suceptibles d'émouvoir et qui, la nuit, une fois les volets fermés, laissent apparaître de véritables oeuvres d'art façonnées à la bombe.
C'est la Rambla, la Sagrada Familia, la Plaza Reial, le Parc Guëll et l'immonde cohue qui leur est poisseusement liée.
Ce sont des rues ocres aux balcons en fer grâcieusement forgé, où pend le linge par les fenêtres ouvertes. Like A Rolling Stone s'échappe de l'une d'entre elles, embaumant la place ombragée où cafés, bières et mojitos se sirotent.

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18.7.08


Et si le bonheur, c'était s'asseoir avec une glace sur un sac poubelle pour ensuite entonner en choeur l'intro de When The Sun Goes Down et s'esclaffer à la vue d'un vieux qui glissât lamentablement le nez dans la boue?


Quand la Plaine de la Machine à Feu vous accueille, ce n'est pas à moitié.
Un ultime regard les yeux dans les yeux avant de franchir les premiers escaliers métalliques, avant de perdre notre innocence et de plonger dans le lieu de perdition d'une jeunesse européenne shoo-tée.
Ce lieu idyllique, connu et reconnu pour sa flore herbacée, est le festival de Dour; grand spécialiste de l'indé de qualité et de l'ouverture d'esprit.
Nous (nous, c'est elle et moi, et d'autres) entammerons cette journée avec rien de moins que le Brian Jonestown Massacre. Légende vivante pour certains, groupe raté ou maudit pour d'autres, le BJM se présentera fier et au grand complet. A défaut de pouvoir s'offrir des prolongations, ils décident de commencer dix minutes à l'avance. Qui s'en plaindra?
Anton nous tourne le dos, nous laissant lire "The kingdom of God is in" sur sa veste en jeans. Concert prenant, bluffant et attendu, nous sommes conquises par l'homme, qui, bien que complètement arraché, nous offre du très haut niveau.
My Bloody Underground sonne bien mieux en live qu'à la maison, ce qui ne contredit pas notre opinion du groupe, qui adopte une autre dimention une fois face à vous. Cette prestation ne fut pas extraordinaire que musicalement parlant; la personnalité du grand Anton Newcombe y est aussi pour quelque chose. Le drapeau de pirate, le fuck aux hélicoptères et cette très longue minute de silence pour les victimes de la Seconde Guerre Mondiale représentent bien la douce folie du garçon. When Jockers Attack tambourinée par l'indispensable Joel nous rapprochera de la fin. Une fin arrivée trop vite, sans crier gare. On se reverra, Brian Jonestown Massacre!
Pour nous remettre, nous pouvons compter sur les new-yorkais de Neon Neon pourvus d'instruments pour le moins originaux : une basse sans clé, une guitare sans caisse de résonnance dont ne survi que le contour etc... Un début quelque peu aboulique motivé par l'arrivée de l'ami Har Mar Superstar, son t-shirt Ice Cube et son gilet frangé aux couleurs américaines. Il fera esquisser au public dourois quelques déhanchés et fera rencontrer à Claire l'Homme-de-sa-vie, mais rien de vraiment convainquant. Viennent alors ces grands rebelles de Teenagers. Arrivées à temps pour le tubesque et apprécié Homecoming, ils réclament des cheerleaders sur scène, mais, étant donné que ces garçons se montrent extrêment entreprenants, ils demandent la permission aux roadies, qui auront vite fait de les en dissuader. Protestataires, ils diront "Oh, c'est dommage. C'est comme un anniversaire sans gâteau. Mais bon..." Bon sang! Anton s'est-il privé de faire monter Ronald Mac Donald sur scène, lui? Donc, sans cheerleaders et sans goût, nous ne resterons que deux chansons, car il nous importait d'avantage d'avoir une place enviable pour Foals. Après s'être faits un peu désirer, Yannis et ses potes entrent en scène. Nous allons enfin pourvoir juger par nos propres jambes s'ils bénéficient d'une réputation surfaite ou si, effectivement, l'ambiance sera galvanisaaante. Le rock-new-rave-tribal des cinq d'Oxford, déjà séduisant à l'écoute d'Antidotes, se révèle carrément irrésistible. Ca bouge, ça pogotte, ça slame, ça part dans tout les sens et c'est ce que l'on demande! L'arrivée de Cassius ébranlera tout sur son passage, les pieds y compris. Mais quel régal! Yannis commence à battre son tambour. On reconnait le début d'Electric Bloom. It's just another hospital. Il part à la quête d'un pétard dans le public, gravit la scène arborant l'un d'entre eux au bec. Il s'en iront sous un tonerre d'applaudissements; ça c'était d'la bombe baby.
Je me noie dans les yeux d'un Irlandais du nord à l'accent inintelligible puis effectue un rapide tour chez les mecs hirustes et roses bonbon de Mystery Jets. Pas de Two Doors Down, mais une bien jolie ballade finale.
The Whitest Boy Alive rejoint grâce à de judicieux conseils, nous livre des tubes en puissance, des morceaux dansants et réussis et nous fait crier pour l'unité du pays... ces charmants jeunes berlinois à lunettes en acétate nous auront convaincues avec leurs titres flagrants aux influences gentillement disco, comme Burning.
Après avoir profité du confort de notre fameux sac poubelle en écoutant Goldfrapp, nous nous laissons tenter par le hip-hop fédérateur de Hocus Pocus, collectif français qui se fait un nom. Très bonne option puisque le public est survolté, que les paroles sont intelligement débitées et que, c'est toujours bon de faire des gestes de gros rappeur avec ses bras.
Ellen Allien ne nous maintiendra pas dansantes, trop house pour nous qui préfèront nous enfiler durüm cocktail et crêpe cassonnade avec une délectation non dissimulée dans notre clairière. Brodinski, il y a un mieux, mais, une fois de plus, nous désertons en faveur de Birdy Nam Nam nettement plus persuasifs. Très jolis jeux de lumières et variété dans le son proposé.
Des péruviens épris inquiétants, des sauveurs basés, des courtisans aux yeux mi-clos... nous faisons d'éclectiques rencontres durant leur set.
La soirée (matinée?) se poursuivra, à "danser comme si la musique était exagérément bonne", à marchander nos lunettes-grillage-à-la-kanye-west avec des jamaïcains, à glisser telles d'ivres patineuses sur la boue douroise.
ON Y RETOURNE QUAND?

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17.7.08


L'après midi a joyeusement débuté par la visite de la conceptuelle et désormais célèbre exposition It's Not Only Rock'n'Roll Baby! La formidable idée de Jérôme Sans, inédite, est née du constat que beaucoup de rockers étaient avant tout des plasticiens. En effet, on peut remarquer qu'une grande partie d'entre eux s'adonnent à la photo, au collage, à la sculpure ou au multimédia. On voudrait alors savoir si la musique n'est finalement pas une occupation alimentaire qui leur servirait à financer leurs oeuvres, tant certaines d'entre elles paraîssent onéreuses. Intrinsèquement liés, l'art et la musique sont pourtant pour la première fois réunis.
On retiendra surtout des idées déco décalées et colorées chez Bianca Casady (CocoRosie), de la tendresse pour les adorables petits dessins de Devendra, du respect envers la maîtrise des détails à la plume et de l'encre de Chine de Kyle Field, de l'amour pour les Kills et leur montage de polaroïds, mais, par dessus tout, les oeuvres de Pete resteront dans ma mémoire. Je ne m'attendais absolument pas à ce qu'elles me touchent à ce (haut) point. Car j'imaginais que le sang injecté à ses toiles n'apporterait qu'une violence superficielle. Très sceptique, je me disais que ce n'est pas en imitant Tapiès et en plantant une seringue dans le papier que l'on peut faire passer quelque chose. Je me trompais, puisque, devant cette magnifique écriture, cet art de la caligraphie, ce style brouillion, ces tableaux, j'ai commencé à réfléchir, j'ai été immergée dans de tortueux questionnements. Je me projettais au moment tourmenté et tourmentant auquel Pete réalisait ses oeuvres si sincères.
Il aura bien fallu Lou Reed pour me détourner de ces sombres pensées.
Alors, nous y voilà.
Au Palais des Beaux-Art, envahi par les flamants cinquantenaires. (J'ouvre une large parenthèse car je suis en droit de me demander; pourquoi tant de jeunes gens prétendent que le Velvet est toute leur vie, qu'il est la base que leur culture musicale et que malrgé ça, force est de constater qu'ils ne se déplaceraient même pas pour Le voir? Lui qui, contrairement à d'autres ex-monstres sacrés, reste à la hauteur de sa réputation. La jeunesse est résolument mythomane et influençable.) Placées très loin, il nous faut nous tordre le cou pour jouir d'une vue correcte tout en n'obstruant pas la vision des misérables assis derrière nous.
Berlin et son intro 'Happy Birthday' commence, Lou apparaît, sans artifices ou entrée à la Johnny, tout simplement en file, derrière ses musiciens. Il prend sa guitare, il pose sa voix, et ça y est.
Tout y est.
Son parfait, décors étudiés (Un véritable petit film avec Emmanuelle Seigner est projetté tout le long de la prestation sur une tapisserie ancienne), batteur et guitaristes exeptionnels. Si éloignés puissent-ils être, leur professionnalisme nous laissent béates.
Les trois premières (ma Lady Day, Men Of Good Fortune et Caroline Says) semblent toutes être des chansons de fin, tant Lou les tirent, les magnifient et les finalisent en apothéose. Ce fut clairement les meilleurs moments du concert. Après, j'ai vraiment ressenti qu'une chose manquait : un public à la hauteur du bonhomme. On ne vit pas un concert de Lou Reed dans une salle asceptisée à la configuration assise... On ne peut, dans ce cas, que l'écouter. Ce qui est presqu'un non-sens. Les titres de Berlin s'enchaînent, dans l'ordre biensûr, et l'impressionnante Sad Song qui le clôt me laisse un peu frustrée. Des fourmis dans les doigts, nous tenons plus de cinq minutes à applaudire (à mon sens pas assez fort) pour finalement obtenir trois rappels fabuleux, dont les incontournables des incontournables Walk On The Wild Side et Sweet Jane.
Les lumières se rallument, on réaterri dans cette salle qui m'apparu austère et froide. Seules cette voix et cette classe auront réussi à estomper la dureté des lieux, du public.
Lou Reed est grand, mais alors là, très grand.

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14.7.08


Qu'il est bon de se réveiller quand on se sait à l'aurore d'une journée prometteuse.
A l'image de ce dimanche 13 juillet, bleu et ensoleillé, contrastant avec les jours précédents. Pas une goutte, si ce n'est de sueur.
Puggy se marrie à ravir avec la météo de par son instantanée, simple et assimilable gaieté. Il n'en faut pas plus pour conquérir le public aux pieds embourbés et aux mines réjouies. Au milieu d'un set maîtrisé vient Dubois, ma petite préférée de cette impressionnante brochette de tubes en devenir, parfaite pour débuter l'après-midi.
Le point fort de Puggy peut aussi s'avérer être un défaut de taille, mais ces trois jeunes hommes sont doués de charisme et de belles voix, ce qui n'est finalement pas si courrant. Nous noterons également que le batteur scandinave est prodigieux.
Direction Monsoon, arrivée sur Decadent Dandy, sortie la chanson suivante, leur préférant ladite Allée des Saveurs, faisant le savant lien entre la scène extérieure et les Halles des Foires de Liège. Cuisine du monde, végétarienne ou bio, tout semble succulent.
Repues, c'est le doux Saint André qui nous contera ses anodines petites histoires, accompagné par Jéronimo (et le fils de Paul Magnette à la batterie, sPcial Ddikass à Jay). C'est frais et entraîant, Un Autre Que Moi est joyeusement fredonnée par les milliers de personnes présentes. Mignon et insouciant.
Une toute autre ambiance, à l'intérieur, avec Yoav. Israëlien basé à Londres, il fait progressivement parler de lui, et on ne s'en plaindra pas. Ce garçon a, incontestablement, dix doigts et une guitare. Il faut croire que c'est assez hors du commun. Il instaure une ambiance propice au recueillement, à l'évasion, imprimée par de jolies rythmiques orientales et par un grand musicien.
Négligeant Nicole Willis et ses Soul Invasitagtors au profit du bienêtre de nos jambes endolories, nous appercevons une longue file désireuse d'entrer dans un stand. En y regardant de plus près, je vois quatre des filles d'Hawaii, sagement attablées signant paciemment tout ce que l'on soumet à leurs mains habiles. J'obéis donc à Dieu-Oscar et cède à la tentation de me joindre à eux. Après vingt bonnes minutes et quelques verres de cidre, nous arrivons enfin à hauteur de la porte, à hauteur du "sorteur" qui ne trouva rien de mieux à faire que nous barrer la route et annoncer que le temps imparti à la séance de dédicasses est écoulé. Evidemment.
Par chance, une gentille hôtesse accepte d'introduire mon billet de festival afin que l'un d'entre eux le signe. De loin et avec bienveillance, Denis le batteur s'enquit de connaître mon petit nom, je fais savoir haut et fort que je me prénomme Coline-C-O-L-I-N-E et il inscrit docilement un petit mot sur mon ticket. Ces adorables garçons n'ont pas fini de me gâter puisqu'ils poseront tous jovialement pour mon objectif. Ce sympathique moment sera suivi de Nada Surf dont je n'ai vraiment apprécié bruyamment que les cultissimes et adolescentes Always Love et Popular, le reste du concert n'étant qu'une succession répétitive de chansons comme les Californiens ne se privent pas de produire.
Le Cinematic Orchestra quant à lui a fait preuve d'une variété exemplaire dans ses morceaux, tantôt volatiles, tantôt puissants. Je retiendrais la sublimissime Breathe qui ne serait pas ce qu'elle est sans l'ensorcelante voix de la chanteuse. C'est les larmes aux yeux que ce concert d'aériennes incantations me laissera.
Arno complètement jetté, c'est sans regrets que je le délaisse pour aller me placer au centre de la première rangée de la scène intérieure, celle qui accueillera bientôt les Girls In Hawaii. Quel beau spectacle que de les voir s'affairer avec minutie aux sensibles réglages sonores. La précision et la rigueur avec lesquelles ils se préparent confirment que la perfection de leurs concerts ne tient pas du hasard. L'ordre et le choix de morceaux sera semblables au dernier concert du 21 juin, débutant par This Farm Will End Up In Fire et son refrain porteur de sentiments planants et fédérateurs suivie par Bees & Butterflies sortie de sa torpeur. Ils déambulent en chaussettes sur les tapis d'Orient poussiéreux installés au préalable. Les archaïques lampes clignotent irrégulièrement. De belles images passent par les télévisions posées sur scène. Les chansons se suivent, la magie opère. Antoine dédie la terriblissime Bored aux Hollywood Porn Stars, collègues et voisins du Collectif Jaune Orange. Et il n'est pas sot de relever dans cette chanson un côté très HPS, apporté par la solidité des guitares. Un touchant Couples On TV servi par le charme de la mandoline. Colors et son final; les délicats gémissements émis par Antoine qui feront s'écarquiller les yeux de l'assemblée. Ils nous offre la belle impression, une fois les paupières baissées, d'être dans notre chambre en train d'écouter notre iPod, et la plus belle encore de se réveiller face à eux. Pour Found In The Ground, l'impact fut moins grand que la première fois, mais cette chanson repésente tellement...
Ils finiront sur Flavor. Et quel Flavor! C'est un moment d'une intensité extrême que nous offre ces filles bien plus rock'n'roll qu'elles ne laissent transparaître. Ce début lointain et feutré, puis cette escalade voluptueuse qu'ils formentent de leurs voix les plus graves. J'étais transportée. Ils nous saluent, un véritable déchirement. Lionel et Antoine n'arrangeront pas notre peine en chantant Plan Your Escape, parce que oui, parfois ils font ça; des chansons tristes. Nous nous disons aurevoir pour de bon. Je choppe victorieusement la setlist et déclare en un long soupir qu'il faudrait maintenant que je me couche et que je rêve, mais c'est hors de question : Dionysos est dans la place.
Je me demande comment j'ai bien pu faire jusque là pour n'avoir pas accordé à ces gens géniaux l'attention qu'ils méritent... Je ne me suis jamais autant amusée à un concert, pour la bonne raison que Mathias Malzieu est vraiment drôle, qu'il traverse à deux reprise le public en sa longueur à coup de slam, qu'il gravit les échafaudages, qu'il pratique le cumulet, la chantelle et la rondat plus qu'à son tour... En un mot, ce mec est habité. Je devais probablement avoir tout de l'otarie, à applaudir et sautiller si ardemment. Notons que nous avons battu le record mondial de Belgique de Ta Gueule Le Chat, que nous avons fait pleuvoir des frites et des moules et qu'il y a un pondeur d'oeufs parmi nous. Giant Jack inoubliable, mais qu'une large partie du public n'a pas eu l'opportunité de vivre, car c'est monsieur Alain Bashung qui se préparait à monter sur scène. Et vu le monde qu'il y avait dans cette salle, déserter une demi-heure à l'avance n'aurait pas été suffisant. Nous appercevons à peine l'écran géant, il reigne une chaleur insoutenable et beaucoup font demi-tour, ce qui me pousse à croire que j'aurais par dessus le marché une mauvaise place pour le prochain concert.
Je commet alors une grave erreur : quitter Bashung après cinq (belles) chansons pour me trouver une place en or pour les Dandy Warhols. A leur entrée, des rires se déclanchent "alors c'est ça qu'ils sont devenus?". C'est bien simple, il n'y a que Zia que j'ai reconnue. Le batteur avait une coupe afro et un habit turc beige, le chanteur un chignon et un t-shirt Dylan délavé et le guitariste était accoutré telle une caricature de Sex Pistol. D'emblée ils nous ont fait peur. Mais ce n'était pas même comparable à la décadence qui allait suivre... Des chansons inconnues, des basses qui faisaient trembler nos cages thoracitques, l'absence de guitare sur certains morceaux comme Welcome To The Third World, refus de Courtney de chanter (il se contentera de marmonner)... Rattrapés par le temps, la désuetude ou l'argent, ils n'ont dorénavant plus rien à voir avec la fougue d'il y a une dizaine d'années, ils ne sont pas ce qu'ils auraient du être. Un Used To Be Friends méconnaissable, un affreux Bohemian Like You et un Get Off mou auront été d'énormes désillusions, moi qui me faisait une joie de retracer en une semaine ce petit bout d'histoire que celle de l'indie des 90's en assistant à un concert des dandies et du BJM. Exédée, je partirais avant la fin de la risible prestation.
Des confirmations, des découvertes, des déceptions, que demande le peuple?

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10.7.08


Le camp est un événement annuel et attendu que l'on ne raterait sous aucun prétexte. Pas même pour Werchter. Car, il n'est pas un endroit agréablement peuplé et activement rentabilisé; c'est un concept. C'est toujours sur le chemin du retour que l'on sent s'inviter en nous la nostalgie de dix jours froids, humides, boueux, inconfortables, ponctués de cloches, bleus et griffes. Mais quelle importance ça pourrait avoir quand on a tout le reste?

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25.6.08


Pratiquée dans l’une des cloisons, une armoire contenait une série de petites tonnes, rangées côte à côte, sur de minuscules chantiers de bois de santal, percées de robinets d’argent au bas du ventre. Il appelait cette réunion de barils à liqueurs, son orgue à bouche. Une tige pouvait rejoindre tous les robinets, les asservir à un mouvement unique, de sorte qu’une fois l’appareil en place, il suffisait de toucher un bouton dissimulé dans la boiserie, pour que toutes les cannelles, tournées en même temps, remplissent de liqueur les imperceptibles gobelets placés au-dessous d’elles. L’orgue se trouvait alors ouvert. Les tiroirs étiquetés « flûte, cor, voix céleste » étaient tirés, prêts à la manœuvre. Des Esseintes buvait une goutte, ici, là, se jouait des symphonies intérieures, arrivait à se procurer, dans le gosier, des sensations analogues à celles que la musique verse à l’oreille. Du reste, chaque liqueur correspondait, selon lui, comme goût, au son d’un instrument. Le curaçao sec, par exemple, à la clarinette dont le chant est aigrelet et velouté ; le kummel au hautbois dont le timbre sonore nasille ; la menthe et l’anisette, à la flûte, tout à la fois sucrée et poivrée, piaulante et douce ; tandis que, pour compléter l’orchestre, le kirsch sonne furieusement de la trompette ; le gin et le whisky emportent le palais avec leurs stridents éclats de pistons et de trombones, l’eau-de-vie de marc fulmine avec les assourdissants vacarmes des tubas, pendant que roulent les coups de tonnerre de la cymbale et de la caisse frappés à tour de bras, dans la peau de la bouche, par les rakis de Chio et les mastics ! Il pensait aussi que l’assimilation pouvait s’étendre, que des quatuors d’instruments à cordes pouvaient fonctionner sous la voûte palatine, avec le violon représentant la vieille eau-de-vie, fumeuse et fine, aiguë et frêle ; avec l’alto simulé par le rhum plus robuste, plus ronflant, plus sourd ; avec le vespétro déchirant et prolongé, mélancolique et caressant comme un violoncelle ; avec la contrebasse, corsée, solide et noire comme un pur et vieux bitter. On pouvait même, si l’on voulait former un quintette, adjoindre un cinquième instrument, la harpe, qu’imitait par une vraisemblable analogie, la saveur vibrante, la note argentine, détachée et grêle du cumin sec. La similitude se prolongeait encore : des relations de tous tons existaient dans la musique des liqueurs ; ainsi pour ne citer qu’une note, la bénédictine figure, pour ainsi dire, le ton mineur de ce ton majeur des alcools que les partitions commerciales désignent sous le signe de chartreuse verte. Ces principes une fois admis, il était parvenu, grâce à d’érudites expériences, à se jouer sur la langue de silencieuses mélodies, de muettes marches funèbres à grand spectacle, à entendre, dans sa bouche, des solis de menthe, des duos de vespétro et de rhum. Il arrivait même à transférer dans sa mâchoire de véritables morceaux de musique, suivant le compositeur, pas à pas, rendant sa pensée, ses effets, ses nuances, par des unions ou des contrastes voisins de liqueurs, par d’approximatifs et savants mélanges. D’autrefois, il composait lui-même des mélodies, exécutait des pastorales avec le bénin cassis qui lui faisait roulader, dans la gorge, des chants emperlés de rossignol ; avec le tendre cacao-chouva qui fredonnait de sirupeuses bergerades, telles que « les romances d’Estelle » et les « Ah ! vous dirai-je, maman » du temps jadis.

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22.5.08


Inoubliable ville lumière
Ville où j'ai tant pensé à toi.
Biensûr qu'ils n'ont pas cru à la naissance de ce sentiment voilé et inabordable. Comment a-t-il bien pu s'immicer, d'ailleurs? Deux esprits convergents, des comportements semblables, des goûts identiques disait-elle. Ils ne savaient l'expliquer, ils étaient juste aptes à ressentir. De jours en jours, l'intensification de leur tendresse supplantait l'incrédulité d'origine. Le temps n'était pas responsable de leur ressentiment, non. La seule antagoniste se nommait distance. Elle qui disjoint des personnes qui n'ont pourtant jamais été rassemblées, elle qui laisse s'éprendre des âmes proches cloîtrées dans de lointains corps, elle, injuste, qui tourmente et ravi, elle qui laisse malgré tout transparaître l'ardeur, les brûlures et le froid d'un amour diffus. Ils seront extirpés de cette éternelle humeur morne renforcée par les pensées qui enjambent les frontières. Ils seront heureux, apaisés, comblés, enfin.

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14.4.08


Le problème avec les mots, c'est qu'on ne peut les crier qu'avec la gorge. L'encore roue, les touches oppressent. Mes cheveux ruisselleront le long de mes joues grisées, de mes tempes apaisées, on sera bien. Ou bien non. J'envisagerai les miens à la Jean Seberg, si j'étais belle.
Judicieusement conseillée et atteinte de tocs, jusqu'à hier, 21 avril 2008 à 22h30, je résitai à la grande tentation de prêter l'oeil ou tendre l'oreille aux morceaux, clips, sessions acoustiques, et autres émissions évoquant les Last Shadow Puppets. Je m'étais uniquement autorisé l'écoute des singles et vinyles commandés au préalable. Autant dire que j'eûs le temps de languir et de fantasmer sur ce que ces petits chéris auraient bien pu pondre.
Tout commence par l'apéritif copieux qu'est The Age Of Understatement, chevaleresque hymne qui aura attisé notre curiosité. La chamade épique chantée à l'unisson par nos deux compères sera suivie par Standing Next To Me. Intantanément, un grand sourire s'essquisse sur mes lèvres qui laisse s'échapper un soupir d'aise tant l'immédiat attrait de cet air joyeux me precute. Je surprends mes pieds à anticiper sur James Ford qui bat cette chanson qui évoque, euhm, un bal musette en plein Grand Canyon. Calm Like You, un pendule maritime, un refrain fédérateur, la certitude précoce que je connaîtrai toutes les incroyables paroles de cet album. Separate And Evere Deadly, le spectre des sombres thèmes récurrents des faces b de Brianstorm s'immice sournoisement, surgit en trombe, I'm a ghost in the wrong coat, c'était prévisible, c'est réussi. The Chamber, humide, lugubre, bleuâtre, cristalline, feutrée. Sonorités de fêtes foraines hantées, grosse frayeur qui débute Only The Truth. Elle sonne comme du Klaxons décousu, percée de violons inquiets, d'une batterie pourchassée. On avait eu vent de leurs influences de songwriters has-been néanmoins dignes d'interêt, on les repèrent dans My Mistakes Were Made For You qui est un véritable standard de variet'. On s'apperçoit que la très familière voix d'Alex prédomine, étant plus mordante, plus profonde que la -pourtant très proche- tessiture de Miles. Black Plant, des cuivres pompeux se tordent à bord d'une croisière maudites. Mon nez se fronce tant le refrain lubrique de I Don't Like You Anymore y donne lieu, grr, swing habité aux consonnances terrifiantes, tu es renversant. La présomptueuse In My Room, tout droit sortie d'un James Bond archaïque et séducteur. Alex et Miles déambuleront ensuite bras dessus bras dessous sur la 5th avenue durant Meeting Place, issue à coup sûr d'une comédie musicale, la scène où une Blanche-Neige de Broadway sous cyanure se balade à l'orée d'une forêt (bon d'accord je sors). The Time Has Come Again, la nuit tombe, on passe devant un cinéma délabré aux couleurs d'ampoules grillées, tenu par Alex Turner Magnum (oui ça me fait rire) et son talentueux pote, qui auront été à la fois sénaristes, metteurs en scène et acteurs de ce Bal des Vampires musical. Ils seront peut-être invités chez Pascal Sevran (finalement non, il est bel et bien mort), je les présenterait sûrement à ma mamy adepte de Sinatra, et, ce qui est novateur voire révolutionnaire (cet Alex Turner ne mourra pas sans hommage nationnal), c'est qu'elle aimera autant que moi.

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25.3.08


Un lait russe, une sucette, cinq minutes sous la neige et une première (surprise) partie insignifiante plus tard, VV & Hotel font leur entrée. Le rock viril ne tient plus de la gent masculine seule, celle qui s'agite devant nous en est une preuve flamboyante.
Le concert entammé par la lascive URA Fever s'avèrera être l'essence même de ma définition de la classe. D'emblée, le couple nous sidère. Les yeux sont écarquillés, les langues pendantes, les mines fascinées. L'irrésistible aura de la vénéneuse Alison Mosshart nous pénètre, son élégance sauvage engendre les insanités. Tape Song, ma préférée, le bonheur de l'accompagner d'une voix grave et acide, you've got to, you've got to go straight ahead!, un peu gâchée par des ennuis relatifs à la téléphonie mobile. Elle se joue de nous, elle pose pour moi (première photo), fléchit en x ses interminables jambes, elle esquisse des danses tortueuses avec son micro, sussure No Wow, s'accroupissant pour chanter la fin droit dans les yeux de Sophie. Jamie surfe littéralement sur les semelles de ses classieuses bottes en daim (très douces au touché, je précise), s'approche du micro d'Alison, chantent tels Pete & Carl lèvres contre lèvres, feignent un coup de boule. Ils se donnent en spectacle, établissant une vériatble relation avec nous, on s'en régale. Hotel nous fait découvrir des sonorités différentes, donnant des coups de poing à sa guitare. Il laisse tomber son onglet, happé par ma Jacqueline au prix d'une hilarante lutte avec un trentenaire peu galant. Kissy Kissy l'inqualifiable, le public entraîné dans les méandres d'une profondeur enivrante se délecte des regards suaves que se lancent les Bonnie & Clyde modernes. Il murmure, les yeux fixement perdus, il fait claquer ses talons contre les planches, parcourt avec aisance son manche, enlève sa main gauche par accoups, tout ça au dessus de nos têtes incrédules, de nos mains tendues, main qui me vaudra un adorable sourire de la part d'Alison Mosshart lorsque mes doigts se déposèrent sur la pointe de ses botillons dorés. Plus tard, sans qu'elle s'en apperçoive, je préléverai un bout de leur cuir, relique que je conserverai glorieusement pincée entre pouce et index jusqu'au chemin du retour. Elle se cambre, enlève son foulard, ronge son pouce, s'enroule dans le fil téléphonique reliant son électro-acoustique sanguine à l'ampli, did you get the real good ones. Mon coeur n'en peut plus de battre pour elle, qui se traîne, boit, se courbe, se perche, se déhanche, agrippe sa ceinture, se roule, se couche, mord ses pendentifs, se hisse, se tord, rampe, se fait tuer par un Jamie Hince mimant l'impact d'un fusil pointé sur elle, illustré par sa Fender noire. I want you to be crazy 'cause you're stupid baby when you're sane, lui robotique, elle hypnotisante. Maniant suggestivement le pied de son micro, levant le menton, jettant sa sublime chevelure suante d'encre noire violemment en arrière. Fried My Little Brains entonnée en choeur, avant de bercer nos briquets au tendre rythme de Goodnight Bad Morning. Ils partent. Nous applaudissons à tout rompre sans réellement espérer un rappel. Contre toute attente, réapparition du duo, des "Veux-tu m'épouser, euhm, will you marry me?!" "VV t'es bonne!" "VV I love you" "Ouais, me too!" "Jaymèèèy" fusent et font rire les intéressés, repartis pour deux chansons. La belle se fait battre. Un moment final, théâtral, brutal, qui modifiera la conception que nous nous sommes faite d'un concert, ébahis par une telle mise en scène. Elle nous fait signe. Hasta la vista baby, je dirais.
Nous nous asseyons, bouleversées, dos contre scène. Un barbu poivre et sel nous chasse avec véhémence, la salle se sera vidée en un quart d'heure montre en main. On se cramponnera l'une à l'autre, brandissant nos trésors, arborant nos trophées, titubant sous le poid du souvenir abrupt. Putain, The Kills.

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10.3.08


Aah. Foisonnement actuel de bonnes nouvelles musicales, je t'aime et je loue ton nom, mais te néglige.
Recevant incessament sous peu un nouvel ordinateur, j'aurais la possibilité de me donner à coeur joie dans la pratique du téléchargement hasardeux, comme il me plait de m'adonner malgrè les chicanements de mon ancestral cube blanc à propos sa mémoire courte, l'amnésie informatique n'est pas une chose qui convient à ma soif de découvertes d'ordre musical. Je suis en train de me plonger dans les fondements de la Rennaissance du rock, ce qui m'amènera naturellement aux sources -une de mes innombrables lacunes-. En effet, les Strokes et les Stripes n'étaient "que" de flamboyants portes-drapeaux de ce bouillonnement que subissait la musique. L'Amérique, pour une fois, nous aura offert la majeure partie de notre salut. The Brian Jonestown Massacre, les Dandy Warhols, les Mooney Suzuki, les Warlocks, les Vines et le BRMC ne furent pas moins actifs, vaiquant là où l'Angleterre des Jam, des Coral ou des La's avait échoué, armés de leurs solides influences. Trève de Velvet Underground, on sait. Le MC5, les Cars, les Electric Prunes et les Sonics, eurent, selon moi, un rôle tout aussi décisif quant àce que l'on peut nommer réssurection des 00's.
Sinon, l'essor des couples me ravi. Citons The Kills (lundi avec Jacqueline), The Do, Cocoon qui répandent en moi le rêve, l'admiration, l'envie.
(photo) Le petit Lightspeed Champion est un génie du bucolique, à l'instar de The Bony King Of Nowhere. Mes oreilles lui sont vouées, pour ceci, mais aussi et surtout pour CELA.

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28.2.08


Il existe un nombre impressionnant de choses pénibles dans la vie. Encore plus impressionnant que le quotat de prononciation du mot "rock" par Manoeuvre dans un épisode de la Nouvelle Star. (Que je suis résolue à suivre cette année, vu Benjamin et son Just The Two Of Us, cette chanson que j'aime tant depuis que Julian l'a fredonnée dans In Transit.)
Savoir les gens qu'on aime s'empétrer dans un marasme de lassitude et ne pouvoir rien y changer. "Aimer n'est pas exagérer, souvenez-en vous jeunesse limitrophe." Les gens se croient omiscients, mais ils ne font qu'édulcorer leurs pauvres discours sensés ôter le doute de ton esprit trop larmoyant à leur goût. Les cheveux ordonnés sur leurs fronts étant plus importants que ton être capiteux qui s'enquit du futur (estival). Ces mêmes gens ne partagent rien de tes aspirations, de tes tourments, sont hostiles à l'art, à la beauté et se lèvent chaque matin pour des choses dont l'intérêt t'échappe complètement. Qui te tirent les joues, non pas pour te voir sourire, mais pour ne plus voir ton regard errer dans un vide brouillé.

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21.2.08


Quelle implosion cérébrale, cardiaque et vasculaire cela fait de voir arriver d'un pas souple Pete Doherty sur scène, à une dizaine de mètres de toi. Il faut l'avoir vécu pour pouvoir se faire une idée du son du cri que tu pousses à ce moment préci. Quelque chose de tout-à-fait hors du commun. Comme le spectacle qui s'apprêtait alors à s'offrir aux yeux d'un public conquis d'avance et hétérogène. Je retrouve Sophie, celle qui sera ma compagne pendant ce concert qui risque de tenir une place de choix dans mes souvenirs musicaux. Entente cordiale. Trois heures d'attente. Deuxième rang. Nous sommes dans le salon des Babyshambles. Une lampe, un fauteuil et un porte-manteau pour seul décor. Exitation en binôme. Effroyable musique d'ambiance oscillant entre reggae et 60's. La lumière s'éteind brusquement.
Le néo-dandy à l'éternel chapeau de feutre, au visage rond rendu angulaire pas ses larges mâchoires, aux yeux globuleux d'une rare vivacité -pour un cammé-, au teint exangue, aux bras ballants et aux incisives chevauchées enfile sa guitare et entamme sans traîner Carry On Up The Morning. Cette chanson dont les premiers accords frissonnants jouent un rôle capital dans mon amour de Shotter's Nation. Idem pour Delivery, dont je me suis sevrée des semaines durant pour pouvoir ressentir la sorte de plainitude qui s'empare de mon coeur les treize premières secondes. Il ôte son élégant trench Dior, ce qui nous laisse voir un polo noir sous lequel se cache une pense à bière bien douillette. J'ai l'impression qu'il était reconnaissant envers son public, en quelque sorte. Il est arrivé frais, ce qui est une preuve de respect, quoiqu'on en dise. Suivent Beg Teal Or Borrow, Pretty Sue et l'entraînant Baddie's Boogie. Puis, surprise (car absent des prestations précédentes de la tournée), The Blinding. But you might be happy ooooh happieuuuhr! Dieu que c'est bon. Pete hurle. C'est quelque chose de très impressionnant de voir Pete Doherty hurler. Ca te donne envie d'en faire autant, mais beaucoup plus fort, tu vois. Loquace juste ce qu'il faut, il nous rappelle que nous sommes la dernière date de sa tournée avant de nous faire un Side Of The Road descendu de cieux inconnus, mais diaboliques. Il nous mitraille avec un flow de rappeur. Nos artères s'emballent, nos veines saturent. Hirsutes, nous nous laissons doucement emporter par Boy David et un planant Unstookie qui laisse la part belle à l'instrumental. Dans la lignée, Albion. Une pensée lointaine et émouvante. Des paroles qui ne m'ont jamais paru si belles. Un harmonica parfaitement senti de Mik . Mélancolie.
Vient alors Killamangiro le terrible. Oh-Hoh-oh-ooooh... Pete nous tourne le dos, et crache un liquide visqueux et incolore. "Oh t'as vu ça?", "Putain, il va gerber". Inquiètant. Vers 2 minutes 50, Drew me fout des frissons. Pete s'assied, nous sussure lascivement Sedative. Boit du jus de pomme bio. Et un curieux cocktail vermeil. La fin se fait ressentir. L'alerte se nomme Pipedown. Drew flanche et nous sort des notes qui ne collent que trop peu à la joie de dire ces paroles pleines de lourdes consonnes. Stupeur. Ils partent. Ils partent! Quoi?! Non! Sûrement pas sans avoir fait Fuck Forever! Un quart d'heure, à être envahie d'un sentiment de tristesse de n'avoir pu continuer à passer du temps avec lui, de colère qu'il plie bagage si tôt, de tourment, se demandant s'il va bien... Ma chère maman, qui m'attend à l'extérieur (je ne peux prendre le train seule la nuit), m'appelle pour me dire qu'elle a vu Pete. Il est monté dans le tourbus. Il est passé juste devant elle. A ce moment, je doute, mais ne suis pas décidée à partir, tout comme la multitude de spectateurs, chantonnant un touchant et inoubliable shoop shoop, shoop de-lang de-lang, espérant son retour. Elle m'apprendra plus tard qu'après être parti sniffer un coup, voyant deux jeunes filles qui s'en étaient allé croyant le concert finit, il tappota amicalement dans leur dos, les invitant à rejoindre la salle pour le rappel. Elles emboîtèrent le pas. Un joli geste, à mon sens.
Après une vingtaine d'interminables minutes, il réapparaît, un ancêtre de caméra à la main. Il se filme en chantant, il nous filme ; nous faisons à présent partie des archives personnelles de Peter Doherty. Nos attentes seront comblées : nous reconnaissons l'intro de What Katie Did. La Katie des Libs, pas une quelconque autre version douteuse. Significative pour mon adorable Jacqueline et moi. Une émotion particulière s'empare de l'Ancienne Belgique. Le fantôme Carl plâne au dessus de nos têtes. Féerique. You Talk, I Wish et, et Fuck Forever. L'apogée suprême. Toutes les mains s'entrechoquent suivant le rythme imposé par Adam. C'est beau. Bancal et apocalyptique. Jacqueline à l'infinie gentillesse de me porter. Inutile de décrire mon état plus amplement. Ils se retirent pour de bon. On remballe avant même qu'ils aient fini. Nous sommes soulagés. Je demande courtoisement mais avec insistance la setlist à un roadie. Je l'obtiens jalousement, au prix d'une chute salvatrice (Je remarquerai qu'ils ont tout joué dans le désordre et que What Katie Did n'était pas prévue, ce qui confirme ma supposition : Pete est gentil et à l'écoute). Sophie et moi marchons vers la sortie, sans trop y croire, sans trop croire que nous venons de trembler, chanter, comtempler un des seuls hommes sur Terre qui mérite le titre d'artiste. L'homme qui est l'objet de tant de tergiversations, d'admiration, de pitié et de fascination. Un homme lunaire. Je t'aime.
Edit, samedi 23 févrirer.
Et cette video qui a complètement changé une partie de notre perception de l'art, à Claire et à moi. Une révélation.

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9.2.08


Difficile de parler de cette soirée avec le recul adéquat et la distance de mise, tant elle était hors du commun. Le second plan sera pour une fois (promis!) musical. Nous arrivons, pour Freaky Age, jeune groupe flamant qui a probablement de l'avenir. Reprise de Jessica d'Adam Green, charmante. Nous parvenons à nous planter ventre contre scène, afin d'attendre ceux qui constituent simplement l'un de mes groupes préférés, j'ai nommé Hollywood Porn Stars. Ambiance unique, comme ils ont l'habitude de mettre, dès la première chanson. La jeunesse s'égosille sur Money tout en étant baladée d'avant en arrière et de gauche à droite avec entrain. Les titres du génial album Satellites s'enchaînent, je prends un malin plaisir à articuler les paroles efficaces et sans prétention. Ben lance ses baguettes, j'en attrape une, moment de gloire qui a failli mal finir vu la concurrence. Les bras s'entremêlent, la bière gît et vole, les t-shirts se font lourds. Dernière chanson. Ils partent. Ils reviennent. Eric le bassiste m'invite à monter sur scène, ni une ni deux, c'est le genre de requête que l'on ne refuse pas. Je (en bleu électrique) serais bientôt rejointe par une trentaine de personnes. Un éclair de lucidité et une vive présence d'esprit m'incite à subtiliser la setlist, réprimant l'envie d'en faire de même avec la flamboyante Epiphone d'Anthony.
A peine remises et recoiffées, grâce à nos relations (hé hé), nous allons backstage et rencontrons les sympatiques garçons de Freaky Age, concentrés sur la synchronisation du dévorage de leur plat de pâtes doûteuses et du tirage de leurs Camel Light. Des bribes de conversation plus tard, nous retournons dans "la cave" et c'est sur Anthony le magnifique que nous tombons. Juste après lui avoir quémandé une photo, il m'interpelle en me demandant si ce n'étais pas moi qui, -je cite- "avait écrit un article à propos de la Nuit Du Soir dans Le Soir junior". (Oui, rappellez-vous, ce concours que j'ai eu la chance de remporter pour palper l'athmosphère des coulisses, interroger les artistes et relater le tout dans le journal. cf mon ex-blog). Soudain emplie d'une immense joie, je lui réponds avec un grand sourire aux lèvres "Si si... Tu t'souviens?!" et nous parlons un peu de cette inoubliable soirée que fut celle du 26 septembre. Aah. C'est trop mon pote. Suite à ces flatteuses retrouvailles, direction dancefloor. J'étreinds ce bon vieux Eric, sonde l'humeur de Redboy, danse au rythme de When The Sun Goes Down, Can't Stand Me Now, Slow Hands, Song 2, The Passenger ce qui ne manquera pas de m'emplire d'une extrême allégresse. Les DJ's étaient sur la même longueur d'onde musicale que moi, ça fait plaisir et c'est asser rare que pour être souligné. La soirée se terminera en trombe. J'en ai encore les oreilles qui sifflent.

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23.1.08


Vous savez, je pense que cette espèce de démocratisation de la (bonne) musique est un des thèmes les plus horripilants qui soient. Mon égoïsme. J'illustre.
Ce dimanche matin, lisant devant la télé et ne prêtant pas attention à ce qui s'y déroulait, l'instrumental de Last Nite retenti dans Automoto. Je me suis dis que ça changeait du fond sonore Justin T habituel, que quelqu'un de valable travaillait à TF1, et me suis replongée sans trop me torturer l'esprit dans mon bouquin.
Mais un peu plus tard, lorsque Fake Tales Of San Fransisco servait de BO à l'épopée du tenace Makélélé, j'ai tressailli. Il ne m'en a pas fallu plus pour que cette fois soit celle de trop. A combien de reprise devons-nous supporter l'étalage de notre précieuse culture musicale si salement exposée aux tympans d'auditeurs peu attentifs et suffisants d'émissions traîtant de stars ou de cuisine? Ceci n'est qu'un exemple bénin et finalement sans grande importance, qui n'en a aucune. Pourquoi je m'y attadre?
Le risque réside dans les journaux people et la radio people. En effet, voir la braguette de Pete ouverte ou apprendre qu'il a mis enceinte une aristocrate anglaise nous importe très peu, nous "mélomanes". Mais le lecteur abruti qui se complait dans le voyeurisme et la contemplation de la nouvelle teinte de cheveux de la Winehouse ne ressent pas le besoin de voir l'autre face de ces personnages, de reconnaître qu'ils sont avant tout des artistes, d'admettre qu'il n'a pas la volonté de sortir de son sceptissisme. Jugés.
L'ennemi par exellence est et reste tout de même NRJ. Qui s'approprie de manière révoltante des personnes réellement talentueuses pour en faire du profit pour finalement décourager les pionniers, qui les avait découvertes avant que leurs petites soeurs ne le fredonne et sâlit l'image du hip hop, musique pour laquelle j'éprouve tant de tendresse.
Et puis, n'avez-vous jamais ressenti de l'indignation à la vue de gifs issus de Heart In A Cage où Nick lâche sa guitare du haut d'un immeuble et que Jules, couché, fait marcher ses doigts sur le bitume, sur des blogs de personnes ne connaissant visiblement pas d'où ces images superbes étaient tirées? Le rock est malheureusement hype, et par définition, la hype est populiste. (Et non populaire.) Aufait... Cet été sera folk. On risque cette fois-ci de nous piquer le mythe Woodstock, chemises en liberty et des artistes comme Devendra, Patrick Watson ou Alela Diane.
L'air du temps est étouffant.

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6.1.08


L'air polyphonique strident qui me tire de mon sommeil, lumière blafarde des trains jaunâtres du matin, les luxueux sièges gris et bleu de l'Eurostar, la superbe verrière métallique de la nouvelle gare St Pancras et enfin, jeudi 3 décembre à 9h30, le pied à peine posé sur le sol londonien, toute une atmoshère s'engouffre en moi. Une simple respiration suffit à sentir monter une douce joie. Ensuite, tout s'enchaîne à une vitesse effreinée... Bloomsbury l'intellectuelle : le Traveloge moisi, les jolis écureil agressifs et les lévriers pressés de Russel Square, l'incontournable (ça dépend pour qui) British Museum, les différents magasins au charme désuet... Hampstead la mémé typique : les vieilles façades, le tea time dans une pâtisserie hongroise aux dorures et earl grey renversants, les riches maisons mitoyennes avec jardins soigneusement entretenus, les commerces d'antan et les adorables friperies... La City la financière : sous la pluie, le monde qui grouille, les parapluies qui s'évitent entre eux, les buildings plus qu'impressionants qui se dressent de leurs centaines de mètres de long, le verre et l'acier... Shoredicht la sombre bien-aimée : ses boîtes alluciantes, Absolute Vintage, les tortueuses ruelles un brin coupe-gorge, le Dray walk, Rough Trade East le magnifique, Rough Trade East le hypissime (temple de l'indé londonien, label des Libs et institution pour amateurs de vinyls et CD's en tout genre, autant dire que j'étais au bord de l'évanouissement. De plus, les prix étaient tout ce qu'il y a de plus raisonnable, je ne me suis pas faite prier...), Brick Lane...
Le lendemain, l'inévitable centre touristique, Regent Street, son Picadilly Circus qui n'a finalement rien d'époustoufflant, bavages envieux sur les collections Marc Jacobs, Alexandrer McQueen et Chloé printemps/été chez Liberty, l'immense Hyde Park, la non moins immense Oxford Street, Selfriges, TopShop, Urban Outfitters & co... qui se sont finalement avérés décevants, Old Bond Street et New Bond Street, le juste milieux entre le faubourg St Honoré devenu populaire et la glaciale av Montaigne, le paroxysme du luxe sans être intimidant (mais restant inabordable malgès tout), ses vitrines plus que soignées... Puis vinrent la terrible Carnaby Street et rues adjacentes, ses imposantes décos de fêtes, ses créateurs inconnus chez qui les Klaxons (et moi) se fourissent, ses pubs incoyables et surpeuplés où la jeunesse bigarrée et les vieillards socialisent en buvant leur Guiness dehors à défaut de places dedans, et surtout, Berwick Street et sa Sister Ray, sublime disquaire au murs turquoises où sont pendus des t-shirts "Closer" ou Crystal Castles, une bande-son étonnante et un choix impressionant, à côté : Reckless Record, plus petit mais tout aussi pointu... Soho la toute belle que je t'aime. Le soir, concert de Mohanski au Metro Club. Bon. Le troisième et dernier jour, ensoleillé cette fois, Notthing Hill la repoussante et le marché de Portobello, où tout est faux et envahi de touristes, où les maisons sont rose pastel, où Orwell a vécu, où l'ont vent des plaques Abbey Road et d'hideux t-shirts i love london ou Jack Daniels, où j'ai cru croiser Adrien des BB Brunes avec Ray Ban et blonde au bras (je ne le saurais jamais, mais la question ne me taraude pas plus que ça), cela dit, heureusement qu'il y a trois Rough Trade dans Londres, dont un plus petit à Notting Hill, j'en ai donc profiter pour y retourner héhé. Ensuite, l'après-midi fut entièrement gâchée par ma petite santé. Prise de maux de tête violents et d'une envie irrépressible de vomir chez Harvey & Nichols, livide, je me précipite chez le premier pharamacien venu, des pakistanais, qui m'ont accueillie avec hospitalité et ont téléphoné à un docteur (qui m'a d'abord pronostiqué un abus d'alcool, puis une intoxication alimentaire). Je me suis grâcieusement jettée à quatre pattes dans leurs toilettes à moultes reprises et me suis endormie sur un divan éventré au milieu de magasin. Après ce détail glauque qui entraîne de mauvais souvenirs et a foutu en l'air un bonne partie de la journée, Harrod's. Toujours immensément étendu. T-shirt Paul Smith, chaleur étouffante et thé jasmin, voilà ce que j'en ai retiré de l'indéboulonable maison. Et puis, courir dans l'underground pour reprendre de train, et rentrer gentillement se coucher après de longues épopées feroviaires, des souvenirs par poignées. Nous remarquerons que rien n'a bougé, le style vestimentaire londonnien est toujours plus exentrique, fun et beau que chez nous, toujours une allergie aux groupes américans (pas de Strokes, rien), petite déception en n'ayant trouvé ni These New Puritans ni Mando Diao... La nourriture est toujours plus que dégeulasse. Le mythe n'en est pas un. Rien de commestible si ce n'est un sandwich ou le café de Starbucks. Mais on aime, on aime...

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